Istanbul Melancholy

A l’été 2013, une partie de la société turque se mobilise pour sauvegarder « Gezi Park », lieu hautement historique et symbolique d’Istanbul dont le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, alors premier ministre, annonce la destruction au profit d’un centre commercial.

Les luttes environnementales, sociales, et idéologiques convergent contre la politique islamo-conservatrice du gouvernement et de nombreux espoirs naissent chez une partie de la population turque. La lutte est inégale et sévèrement réprimée, une dizaine de personnes sont tuées et plusieurs milliers sont blessées, mais cette mobilisation reste un point marquant de l’histoire contemporaine de la Turquie et marque encore de nombreux esprits.

Cinq ans plus tard, l’enthousiasme suscité par ce que certains qualifient comme «un moment de grâce» est retombé, à tel point qu’on se demande si il a réellement existé. La politique sécuritaire et conservatrice menée par Erdogan, maintenant président, et son parti l’AKP s’est encore durcie depuis le coup d’état raté du 15 juillet 2016. Les purges dans les université et les médias se poursuivent, le contrôle policier sur la population s’accroît au nom de la lutte contre le terrorisme et une crise économique importante semble se profiler à l’horizon.

Un certain nombre de Turcs regardent ces phénomènes à l’œuvre avec fatalisme. Ils n’y adhèrent pas mais ne savent pas comment s’y opposer et voient leurs perspectives et leurs espoirs se réduire peu à peu.

Portrait d’une dizaine d’entre eux et des répercussions de ce système sur leur vie quotidienne que ce soit en terme de libertés individuelles, d’économie ou de vie professionnelle.